Irène Joliot-Curie
Fille de Marie et Pierre Curie, Irène Joliot-Curie (1897-1956) a joué un rôle majeur dans le développement de la physique nucléaire. Elle a été, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, co-lauréate du prix Nobel de chimie en 1935 ce qui lui vaudra d’être promue officier de la Légion d’honneur quelques années plus tard.
Dès son plus jeune âge, Irène Joliot-Curie est plongée dans un environnement scientifique. Elle suit un enseignement dispensé par ses parents et leurs amis puis au collège Sévigné, où elle se révèle être très bonne élève.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, elle accompagne sa mère sur le front où elles pratiquent des radiographies à l'aide de voitures équipées à cet effet. En 1917, Irène Joliot-Curie reprend ses études tout en poursuivant son activité d’infirmière. Trois ans plus tard, elle devient l’assistante de sa mère et débute une thèse sur les rayons alpha du polonium.
En 1926, Irène Joliot-Curie épouse le physicien Frédéric Joliot. Ensemble, ils mènent des recherches pionnières sur la radioactivité. Leur découverte majeure survient en 1934, lorsqu’ils mettent en évidence la radioactivité artificielle. C’est une révolution pour la physique nucléaire qui ouvre la voie à de nombreuses applications médicales et scientifiques. Elle leur vaut le prix Nobel de chimie en 1935. A cette occasion elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur avant d’être promue officier en 1939.
En 1945, Irène Joliot-Curie prend la tête du nouveau Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Devenue en 1946, directrice du laboratoire Curie et de l’Institut du radium, elle organise le déménagement de l’institution à Orsay où elle la dote de laboratoires plus vastes et mieux équipés.
Également engagée en politique, Irène Joliot-Curie milite pour les droits des femmes et la diffusion de la science. Elle devient en 1936 sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique dans le gouvernement du Front populaire. Elle fait partie des trois premières femmes à siéger dans un gouvernement français.
Exposée toute sa vie aux radiations, Irène Joliot-Curie meurt d’une leucémie en 1956, comme sa mère avant elle. Des funérailles nationales sont organisées pour lui rendre hommage.
Retrouvez son dossier de décoré sur le site des Archives nationales.